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[RETOUR SUR] Colloque : "le droit des femmes : langage(s) de violence, langage d'égalité"

Publié le 28 avril 2020 Mis à jour le 12 novembre 2020
Isabelle Rome
Isabelle Rome

Dans le monde francophone notamment, la question du droit des femmes dialogue avec celle de leurs conditions juridiques, sociales ou sociétales. Le colloque organisé le 11 mars 2020 à l’Université Jean Moulin ayant pour titre, le droit des femmes : langage(s) de violence, langage d'égalité, a eu pour objet de permettre une réflexion inter-disciplinaire et inter-professionnelle dans « l’université du quotidien ».

La signification médicale du terme de confinement renvoie à l’interdiction faite à un malade de quitter sa chambre. Elle s’est métamorphosée en mesure de santé publique pour éviter, autant que de possible, une plus grande transmission et dissémination du covid-19. Or, dans le colloque du 11 mars 2020, il fut déjà question de confinement, de huit clos et de vase clos. Il fut question d’emprises physiques, psychologiques et sociales comme vecteurs de violences faites aux femmes. Chaque confinement renvoie à un isolement, un retrait et un enfermement, auxquels répond la promesse formulée que nul ne demeure sans réponse de protection et d’accompagnement. Celles qui souffrent et dont les droits sont niés appellent à une réflexion éthique concernant les pratiques afin que celles-ci soient améliorées en humanité et en efficacité. Tel fut l’objet de la journée d’étude qui s’est tenue avant le confinement dans le cadre de « l’état d’urgence sanitaire ». Elle fut interdisciplinaire et interprofessionnelle. Interdisciplinaire, car l’histoire du droit, la littérature, le droit international, le droit comparé, le droit pénal, la criminologie, le droit privé et le droit public furent convoqués au chevet de la cause des femmes. Inter professionnelle car des représentants du barreau de Lyon, de l’association Femmes de justice et de la magistrature dialoguèrent ensemble autour de la politique « pénale » et de la politique « sociale ».

La politique pénale intéresse la coopération judiciaire et policière et plus largement avec l’ensemble des métiers du droit, du social et du soin. Elle est cruciale dans la recherche d’une sécurisation et d’une mise en sécurité de chaque femme et de toute femme victime de violences. La politique sociale engage tout juriste et tout membre de l’intervention sociale à une éthique de la reconnaissance et de la fragilité, à une intelligence du contexte, du cas et de la règle. Aucune prise en charge de la victime ne peut se faire sans elle et sans celle de l’auteur. Aucun acte mis en œuvre dans l’urgence ne peut être pensé sans inscription dans l’épaisseur de la durée. Aucune demande de partage d’information ne peut se faire, sans confiance, sans réciprocité et sans retour d’information entre les acteurs. C’est à une université du quotidien au profit de la cause des femmes que tous se sont attachés lors de cette journée.

Ce colloque a été suivi par deux conférences. La première, le mercredi 11 mars 2020 fut prononcée par madame Isabelle Rome, « La force du droit des femmes et les violence(s) faîtes aux femmes ». La Haute-fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes du ministère de la Justice invita l’ensemble des acteurs qui accompagnent les personnes victimes de violences à se saisir des propositions du Grenelle des violences conjugales et à se mobiliser d’une manière coordonnée pour que l’esprit du Grenelle se traduise dans les pratiques. La seconde, le jeudi 12 mars 2020 fut prononcée par madame Louise Langevin, « Réflexions féministes autour de la bioéthique : Comment penser le droit à l’autonomie procréative des femmes à l’ère de la procréation médicale assistée ? ». Madame Langevin souligna que si la bioéthique est un mouvement féministe il métamorphose le vivre ensemble ainsi que les droits et les libertés des personnes. C’est autour de lectures de la doctrine et des pratiques juridiques en matière des nouveaux droits à l’autonomie procréative au Québec que Louise Langevin a mis en lumière les tensions éthiques auxquelles la revendication d’un droit à l’assistance médicale à la procréation pour toutes induit.

Ces manifestations organisées par l’institut international de la francophonie (Éric Martinent), la mission Promotion des égalités (Marion Girer) et madame la Haute-fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes du ministère de la Justice (Isabelle Rome) ont été l’occasion de souligner l’engagement de notre communauté universitaire et facultaire dans la lutte contre les violences faites aux femmes au-dedans de l’université et au dehors dans l’univers de la cité. Les propos du Président de notre université, Jacques Comby ; de Marielle Payaud, Directrice de l’Institut international pour la francophonie ; de Madame Chrystelle Gazeau qui représentait le doyen de notre Faculté, Hervé de Gaudemar ; de Madame le vice-Bâtonnier Joëlle Forest-Chalvin qui représentait Monsieur le Bâtonnier Serge Deygas ; de Sylvie Moisson, Procureure générale près de la Cour d’appel de Lyon de Laurence Junod Fanget, membre de la commission Égalité du Conseil national des barreaux en atteste et sont autant de gages de cet engagement collectif de la communauté des juristes.

En effet, depuis la thèse de Marie France Callu dirigée par le Président Henri Roland, le nouveau droit de la femme, les enseignantes et les enseignants de notre faculté oeuvrent par leurs réflexions, leurs cours, leurs engagements et leurs actions en faveur des droits des femmes. Qu’elles et qu’ils en soient particulièrement remercié(e)s ainsi que l’ensemble des intervenants de ces deux journées.
 


Légende photo du haut : 
Isabelle Rome, Haute-fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes du ministère de la Justice



Aurélie Tardieu, Eric Martinent, Marion Girer et Marie-France Callu
Aurélie Tardieu, Eric Martinent, Marion Girer et Marie-France Callu