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[Journée d'étude] Faire société à l’ère de l’indifférence

Publié le 9 avril 2026 Mis à jour le 14 avril 2026
Journee d'etude - MERAKI 2026
Journee d'etude - MERAKI 2026

Journée d’étude organisée dans le cadre de la 5ème édition du festival international de théâtre universitaire MERAKI - "Nos indifférences".

Sous la direction scientifique de Gaëlle Marti, Professeure de droit public, Université Jean Moulin Lyon 3

Dans un contexte de régression démocratique marqué par la montée des inégalités sociales, l’urgence écologique, les dérives autoritaires, les bouleversements technologiques, mais aussi le rejet de l’altérité et le repli identitaire, la question du lien social se pose avec une acuité renouvelée. Si la démocratie repose sur la participation active des citoyen·nes et la responsabilité collective, force est de constater l’essor de formes d’indifférence qui mettent en péril l’idée même de « faire société ».
 
L’indifférence n’est pas qu’un phénomène psychologique ou individuel : elle s’inscrit dans des structures politiques, juridiques, économiques et culturelles. Elle peut être le résultat d’un sentiment d’impuissance, d’un excès de sollicitations ou encore d’une perte de confiance dans les institutions. Elle peut également être favorisée — ou dissimulée — par des dispositifs (institutionnels ou numériques) qui déresponsabilisent les individus et diluent les responsabilités. À l’inverse, elle peut être instrumentalisée comme levier de gouvernement, voire comme matrice d’un glissement vers des formes d’illibéralisme.
 
Lors de cette journée d’étude qui réunira chercheurs et chercheuses de différentes disciplines de SHS mais aussi des artistes, il s’agira d’interroger les formes contemporaines de l’indifférence, ainsi que leurs effets sur le devenir démocratique de nos sociétés. L’objectif est de comprendre comment se fabrique - ou se défait - le lien social dans un monde où l’individualisme et la saturation informationnelle coexistent avec des appels constants à la mobilisation, et où l’indifférence collective contraste avec le constat d’une interdépendance accrue des individus.
 
Deux moments structureront la journée :
 
  • La matinée sera consacrée aux « Fabriques institutionnelles de l’indifférence » : on s’intéressera ainsi aux mécanismes qui fabriquent ou encouragent l’indifférence - dans le droit, les politiques publiques, les pratiques numériques, les discours médiatiques – mais aussi aux différents domaines dans lesquels ces mécanismes peuvent être observés (migrations, questions de genre, climat, réseaux sociaux, relations internationales).
 
  • L’après-midi, intitulée « Résistances, réveils collectifs : comment restaurer le commun ? ». Il sera ici question de la manière dont certains acteurs ou institutions - chercheur.euses, militant·es, artistes - cherchent à raviver la capacité d’agir, de s’émouvoir, et de s’engager, et des moyens qui peuvent être mis en œuvre afin de repenser notre rapport au collectif.
 

Programme de la journée

Introduction 

  • 9h-9h10 : Benoît Auclerc, Maître de conférences en littérature, chargé de mission à la Culture, Université Lyon 3, « Ouverture de la Journée d’Études »
  • 9h10-9h30 : Gaëlle Marti, « De quoi nos indifférences sont-elles le nom ? Quel impact sur nos démocraties ? »
 

Les « fabriques » institutionnelles de l’indifférence

Les rouages de l’indifférence

•   9h30-9h45 : Jeanne de Gliniasty, Maîtresse de conférences en droit public, Université Paris Nanterre, « Le droit, symptôme des névroses de l’Etat »

•   9h45-10h : Mélis Demir, Doctorante contractuelle, Université Lyon 3, « La fabrique « démocratique » de la loi, outil de production de l’indifférence par la dépolitisation : l’exemple de la lutte contre les VSS »

•   10h-10h15 : Edoardo Stoppioni, Professeur de droit public, « Université de Strasbourg, Le droit, vecteur de l’indifférence à l’égard des ‘‘minorités de genre’’ » ?
 
•   10h15-10h45 : Discussion avec la salle
 
•   10h45-11h : Pause café

Les ressorts de l’indifférence : silenciation, invisibilisation

•   11h-11h15 : Projection du court métrage d’animation Matin Brun de Carlo Voegele

•   11h15-11h30 : Franck Pavloff, Écrivain, auteur de Matin Brun, « Le projet illibéral : produire l’indifférence par la silenciation »

•   11h30-11h45 : Antoine Boureau, Photographe, « Donner à voir l’exclusion : quid du pouvoir de l’image à l’heure de la saturation médiatique ? »
 
•   11h45-12h15 : Discussion avec la salle
 
•   12h15-14h15 : Pause déjeuner

   
Résistances, réveils collectifs : comment restaurer le commun ?

Faire société autrement ?

•   14h30-14h45 : Johanna Lenne-Cornuez, Maîtresse de conférences en philosophie, Université Lyon 3, « Résister à l’indifférence : empathie, limites de l’empathie, sollicitude et politique du soin »

•   14h15-14h30 : Bastien Savin, Doctorant contractuel, Université Lyon 3, « Le droit, remède à l’indifférence produite par les réseaux sociaux ? L’exemple de la régulation du numérique »
 
•   14h45-15h15 : Discussion avec la salle 

Résister, réempouvoirer

•   15h15-15h30 : Grégoire Vauquois, Auteur, Metteur en scène, « Militer : antidote à l’indifférence ? »

•   15h30-15h45 : Angélique Clairand, Directrice du Théâtre du Point du jour, Metteuse en scène, « Donner la parole aux invisibles pour réenchanter le vivre ensemble »

•   15h45-16h00 : Aurélie Gal-Régniez, Directrice exécutive d’Équipop, « Reconnaitre nos interdépendances par-délà les frontières, pour une approche féministe et internationale des politiques publiques »
 
•   16h-16h30 : Discussion avec la salle
Clôture des travaux

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