• Culture,
  • Droit,
  • Étudiants,

Si la justice m’était contée : salle comble aux Célestins pour les étudiants du Collège de droit

Publié le 2 juillet 2026 Mis à jour le 2 juillet 2026
Si la justice m'était contée vignette site
Si la justice m'était contée vignette site

Le 22 juin 2026, dix-huit étudiants du Collège de droit ont investi la Grande scène du Théâtre des Célestins pour présenter Si la justice m’était contée, un spectacle chanté et joué consacré à la justice, à la parole de l’avocat et à l’égal accès au droit. Porté par la Faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3 et le Barreau de Lyon, en partenariat avec le Théâtre des Célestins, ce projet a réuni étudiants, avocats, artistes et professionnels de la scène autour d’une ambition commune : donner à voir la justice autrement.

L’idée pouvait surprendre : faire dialoguer le droit avec la chanson, le théâtre et la poésie. Elle s’est révélée particulièrement féconde. À travers le parcours d’une étudiante en droit qui rêve de devenir avocate, puis découvre les exigences, les désillusions et la force de cette profession, le spectacle a permis d’aborder la justice par un chemin moins attendu, plus sensible, plus proche du public. Il ne s’agissait pas de simplifier le droit à l’excès, mais de le rendre audible, incarné, parfois drôle, souvent émouvant.

Co-écrit par Me Yanina Castelli, Me Sofia Soula-Michal et Chrystelle Gazeau, avec la participation de Julie Balmes, Livio Donzé, Salomé Fauvey et de l’équipe du Théâtre des Célestins, Si la justice m’était contée s’inspire de l’ouvrage de Me Sofia Soula-Michal, Je défends… ! Le Barreau inspiré par les Maîtres (mots), paru en 2021 aux éditions Maïa. Né dans le contexte de la mobilisation des barreaux contre la réforme des retraites, ce livre prend le parti de raconter la justice à partir de textes littéraires et de chansons populaires revisités. Victor Hugo, Rimbaud, Baudelaire, Brel, Dalida, Goldman, Gainsbourg ou Souchon deviennent ainsi les compagnons inattendus d’une réflexion sur les avocats, les juges, les greffiers, les justiciables et les idées reçues qui entourent l’institution judiciaire.
 
DSC02263

Sur scène, cette matière a trouvé une nouvelle forme. Faire plaider Jean-Jacques Goldman, transformer Ne me quitte pas en Ne me coupe pas, faire résonner Le Déserteur sous les traits du Défenseur, ou encore convoquer Dalida dans un plaidoyer intitulé Laissez-moi plaider : le spectacle a joué avec les références connues du public pour ouvrir une porte vers des réalités souvent perçues comme lointaines. La justice est régulièrement décrite comme lente, complexe, intimidante. En empruntant les voies de la musique et du théâtre, le spectacle a cherché à réduire cette distance, sans nier les difficultés réelles de l’institution.

 

DSC01772

DSC00362

Le projet a aussi été une expérience de formation pour les étudiants du Collège de droit. Sélectionnés à l’issue d’auditions organisées en novembre, ils ont suivi plusieurs mois d’ateliers de préparation théâtrale. Ils y ont travaillé la voix, la présence scénique, l’incarnation d’un texte, mais aussi la manière de transmettre au public une parole juridique devenue parole théâtrale. Pour ces futurs juristes, monter sur la scène des Célestins ne relevait donc pas seulement de l’expérience artistique. C’était aussi une autre façon d’apprendre à porter une parole, à convaincre, à écouter, à occuper l’espace et à mesurer la force des mots.
 

DSC02256

DSC02217

Les dix-huit étudiants engagés dans l’aventure - Lucille Andraud, Mathilde Bernard de Dompsure, Alexandre Bertholon, Colline Clément-Lacroix, Maud Dubos, Rosalia Garcia, Maëli Herve, Kenny Hoareau, Aya Jabbour, Luna Lagha, Camille Marchal, Clarence Oberson, Emilie Pencz, Anaïs Porret, Mikaël Rol, Martin Rullière, Panha Sok et Yeliz Soyak - ont ainsi porté sur scène une création exigeante et accessible. Leur participation illustre l’esprit du Collège de droit, pensé comme un lieu d’émulation intellectuelle, de rencontre et d’ouverture, où la formation juridique peut aussi se nourrir de pratiques culturelles, oratoires et collectives.
 

DSC01757

DSC01005

La dimension solidaire du projet en a renforcé le sens. L’intégralité des recettes a été reversée à des structures et initiatives engagées en faveur de l’égal accès au droit et à la justice. Ce choix prolongeait naturellement le propos du spectacle : parler de justice, mais aussi agir concrètement pour celles et ceux qui en sont parfois les plus éloignés. La représentation a également permis d’ouvrir le théâtre à des publics variés, notamment à des jeunes associés à des projets d’éloquence ou issus de structures éducatives et culturelles.
 

DSC01413

DSC01750

Avec Si la justice m’était contée, la Faculté de droit a donné à ses étudiants l’occasion de vivre une expérience rare : porter le droit hors de l’amphithéâtre, dans un lieu emblématique de la vie culturelle lyonnaise, et le faire entendre autrement. Le spectacle a rappelé que la justice ne se limite pas aux codes, aux audiences et aux décisions. Elle est aussi une parole, une scène, une relation avec le public, un effort de compréhension et une promesse d’accès pour tous.