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Économie des flux maritimes, économie des forces navales : Réflexions sur la notion d'adresse spatiale dans la stratégie thalassocratique britannique

Olivier Zajec

Publié le 22 avril 2020 Mis à jour le 23 avril 2020
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Résumé

Étudiant l’apogée de la puissance impériale anglaise de 1830 à 1940, l’historien John Darwin juge que « [si] les Britanniques furent capables de construire un empire mondial, [c’est] parce qu’ils surent exploiter les opportunités de la connectivité globale plus complètement que leurs rivaux ». Que l’on considère l’Empire sous l’aspect de ses « branchements » politico-économiques ou de sa « maintenance » sécuritaire, peut-on dire que cette double dimension de « connectivité globale » a été pensée par les Britanniques de manière simultanée ? En d’autres termes, peut-on établir qu’un même schéma, cohérent et unitaire, gouverne d’un seul tenant l’économie des flux commerciaux qui irriguent l’Empire, et l’économie des forces navales qui garantissent la sécurité et la persistance de ces mêmes flux ? Cette note de recherche suggère que du début du XVIIIe à la fin du XIXe siècle, les bâtisseurs de la construction thalassocratique britannique, inspirés par une vision du monde utilitariste au triple sens philosophique, économique et stratégique, ont effectivement procédé à des arbitrages géostratégiques quasi-constants, permettant le fonctionnement, la protection et l’entretien efficients du réseau impérial britannique, en faisant montre de ce que l’on pourrait appeler une « adresse spatiale » spécifique.

 

A propos de l'auteur

Olivier Zajec est maître de conférences en science politique à la faculté de droit de l’Université Jean Moulin - Lyon III (Université de Lyon, UdL). Agrégé et docteur en Histoire des relations internationales (Paris-IV Sorbonne), diplômé de l’École Spéciale Militaire de Saint Cyr et de Sciences-Po Paris, il est le directeur de l’Institut d’Etudes de Stratégie et de Défense, l’IESD. Ses recherches portent en particulier sur l’ontologie de la théorie réaliste des relations internationales aux XXe et XXIe siècles, les politiques de défense et de sécurité dans les relations internationales, la théorie stratégique et les méthodes d’approche socio-spatiales en science politique.